Le compositeur Olivier Nivet dirige l’ensemble musical No Music Orchestra, en résidence au théâtre Jean Vilar depuis début janvier et jusqu’en 2013. « En résidence » signifie que le théâtre ouvre ses portes à une compagnie qui l’occupera pour la création d’un projet artistique inédit. Olivier Nivet et ses musiciens vont ainsi s’imprégner de l’atmosphère de la ville pour préparer l’inauguration de la future École des Arts en musique. Rencontre.
Notre Île : Parlez-nous du projet de résidence.
Olivier Nivet : J’ai cherché une thématique qui puisse rassembler les habitants de l’île au-delà des différences culturelles, ethniques et religieuses qui souvent nous éloignent les uns des autres. La nourriture met tout le monde d’accord. Chacun se la réapproprie, se la partage. Elle est universelle et voyage à travers le monde, s’enrichissant de nouvelles rencontres qui la transforment. Je parle de nourriture terrestre mais aussi culturelle, intellectuelle. Dans notre société de consommation, il est fondamental aussi de « nourrir » nos esprits. L’Ile Flottante sera le nom du ballet de danse que je vais composer pour l’inauguration de l’École des Arts ; ce projet de création associe les professeurs de l’école de musique, l’école de danse, l’ensemble No Music Orchestra et la vidéo. Nous proposons aussi un atelier d’initiation à l’écriture musicale, dont l’objectif est de composer une chanson qui sera interprétée par les élèves de l’école de musique lors de l’inauguration. J’espère ne pas avoir été trop conceptuel ?
N.Î : Justement, pensez-vous que votre univers musical puisse être préjugé inaccessible ?
O.N : Nous ne faisons rien d’autre qu’une proposition, une mise à disposition de notre univers musical. Avant de juger, il faut accepter d’être dans l’écoute. Libre à ceux qui auront pris le temps d’aimer ou pas. Les répétitions publiques permettent aux curieux de venir nous écouter et nous rencontrer. Et nous sommes ouverts à toute proposition de collaboration avec des musiciens locaux ! Comme pour une recette de cuisine, avant de dire que l’on aime ou pas, il faut d’abord goûter au plat.
N.Î : D’où vient le nom de votre ensemble : le No Music Orchestra ?
O.N : Personne n’arrive à se mettre d’accord pour nommer ma musique : jazz, électro, acoustique, classique… Elle est inclassable. Alors j’ai fini par dire que je ne faisais pas de musique ou plutôt, de la No Music !
Ne ratez pas les répétitions publiques de No Music Orchestra, mardi 14 février de 19h à 21h au Centre culturel Jean-Vilar. Entrée libre.