Mairie de L'Île-Saint-Denis
Je, tu, île participe
Une ville sur une île, c’est unique. Ceux qui ne l’ont pas perçu, au siècle dernier, sont allés à contresens de la personnalité de L’Île-Saint-Denis. Aujourd’hui, les habitants, menés par une municipalité de « motivés » issus des milieux associatifs, écolos et solidaires, veulent renouer avec un passé bucolique qui savait attirer les Parisiens : celui des guinguettes et des fêtes, et d’une activité humaine marquée par la Seine.
Que d’eau, que d’eau…
« Croissant », « Boomerang », l’étroite bande de terre s’étendant sur sept kilomètres, n’existe telle quelle que depuis le XIXe siècle, avec le regroupement des différents îlots et l’édification de ponts suspendus (en 1844) puis sur pilier (en 1905)… Finis les bacs onéreux qui effectuaient jusqu’alors le transit d’une rive à l’autre. La vie des Îlodionysiens s’en trouva bouleversée. Les habitants de l’île ne pouvaient plus vraiment vivre de la culture de la terre. Certes, des vaches paissaient encore dans les prés dans l’entre-deux guerres ; les dernières fermes ne disparaissent qu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Cette activité n’a jamais suffi pour nourrir les Îlodionysiens. A la veille de la Révolution, ils se décrivent dans les Cahiers de Doléances comme de « malheureux pêcheurs et blanchisseurs qui gagnent à peine leur vie ». Bateliers, blanchisseurs, pêcheurs… La plupart exercent une double activité pour survivre.
XIXe siècle : une île et des usines
Ce n’est que progressivement que l’île s’industrialise. En 1846, la gare de Saint-Denis est construite. Les spéculateurs se frottent les mains : on est alors à quelques dizaines de minutes du centre de Paris. Mais l’activité fluviale donne encore son identité économique à l’île. A la confluence de la Seine et du canal de Saint-Denis, elle se dote d’entrepôts alimentés par les chargements des péniches. Dans les années 1930 et 1940, le mouvement d’industrialisation s’accélère. De même que l’île s’urbanise, les guinguettes pour Parisiens en goguette disparaissent. Grande et Petite Ferme, Moulin de Cage, Chat qui fume, tous ces endroits quittent les bords de Seine où, depuis le milieu du XIXe siècle, on venait danser, boire le rouge, déguster le cornet de frites sur des péniches ou à l’ombre des tonnelles rendues célèbres par Sisley, Monet et d’autres impressionnistes… L’île rentre de plain-pied dans le siècle industriel avec les premières « usines à nuisances », interdites à Paris, et qui viennent s’implanter en banlieue. Une usine utilisant la sulfure s’installe près du pont d’Epinay et dresse contre elle les habitants (qui pétitionnent en 1911). Premier sursaut écologiste ?
Déjà en résistance
La population humble sait se mobiliser, comme lorsque des péniches barrent la Seine pour soutenir les grévistes de 1936. Pas étonnant dès lors que l’île ait été un creuset de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, et que la mairie (dont le bâtiment n’a été édifié qu’en 1913 !) soit restée communiste de 1947 à 1999. La ville revêt à cette époque un nouveau visage, ouvrier, avec les industries qui se multiplient : parfums, textiles chirurgicaux, chantiers fluviaux, torréfaction, travail de la pierre et du marbre, ciments puis béton… Qui dit nouvelles entreprises dit nouvelles populations, plus nombreuses, et donc nouveaux besoins en logement. Les cités HLM poussent comme des champignons (cités Marcel Paul, Marcel Cachin et Maurice Thorez dans les années 70, Jaurès en 1978). Dès la fin des années 70, le contexte national de désindustrialisation se fait sentir d’autant plus durement (20% de la population active est au chômage). Un nouveau tournant semble s’annoncer : près de mille Îlodionysiens ont quitté la ville dans les années 1990.
C’est dorénavant du côté de la qualité de vie et en renforçant les atouts de l’insularité qu’il faut se tourner pour re-dynamiser la ville, en prenant en compte les caractéristiques de sa population : la solidarité, la jeunesse et le métissage, ainsi que la volonté de valoriser son environnement particulier. L’Ile-Saint-Denis dispose pour cela d’un engagement associatif et créatif qui marie souvent actions concrètes de solidarité et prise en compte des questions liées au cadre de vie.
Demain, l’écov’île fluviale
Dans ce contexte, pour que l’île renoue avec ce qui fît naguère son succès de petite campagne à la ville, le projet de ville, approuvé en 2006, donne une ambition à L’Ile-Saint-Denis pour les années à venir. Pierres de touche de ce projet, les 3i : Insularité, Identité, Intercommunalité qui sont le fondement du devenir urbain de l’île (déplacements, logement, commerce, environnement…). La communauté d’agglomération est, depuis 2003, l’un des principaux partenaires des réalisations sur l’île, qui ne peut espérer se développer seule, sans coopération avec les villes environnantes. Ce qui implique un important transfert de compétences. A cette délégation de compétences, un contre-poids : la participation locale des habitants, qu’impulse la municipalité citoyenne.
Demain, la physionomlie de notre île changera avec le prolongement du tramway en 2012, de Saint-Denis à Gennevilliers.
Demain, l’éco-quartier fluvial, au cœur de l’île, sur l’ancien site des entrepôts du Printemps et des Galeries Lafayette, reliera demain le centre au quartier sud. Il impulsera l’adaptation écologique du patrimoine existant. Il posera la première pierre de l’écov’île fluviale.