Communiqué : mobilisation pour la gestion publique de l’eau

Communiqué : mobilisation pour la gestion publique de l’eau

Stains et L’Île-Saint-Denis se mobilisent pour une gestion publique de l’eau !

Ce jeudi 27 mai 2021, l’ensemble des villes adhérentes au Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF) ont voté pour le futur mode de gestion du syndicat qui entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2024. Depuis plus d’une vingtaine d’années, le paysage de l’eau change en France et la régie publique, plus transparente, plus accessible, plus écologique et plus démocratique, se répand. Les exemples de Paris, Nice, Bordeaux ou encore Lyon sont particulièrement représentatifs de ce mouvement.

Le retour à une régie publique de l’eau est une préoccupation forte pour les habitants du territoire, attaché à un service public de qualité, éloigné de la logique de marché et de profit porté par des mastodontes de la distribution de l’eau tels que Véolia. Au sein-même du SEDIF, les EPT Est Ensemble et 9 communes de l’EPT Grand-Orly Seine Bièvre ont fait le choix de la régie publique.

En 2017, plusieurs villes de Plaine Commune dont Stains et L’Île-Saint-Denis avaient demandé que soit étudié le passage à une gestion en régie de la distribution et de la production de l’eau. Or, en dépit de l’étude lancée, dont les résultats n’ont pas été débattus par les villes membres et les habitants, l’adhésion immédiate de toutes les villes au SEDIF a été soumise au vote lors du tout premier conseil de territoire de Plaine Commune, le 9 septembre 2020.

Les villes de Stains et de L’Ile-Saint-Denis ont voté contre cette adhésion. Malgré la position des deux villes, Plaine Commune a fait le choix en septembre d’adhérer de nouveau au SEDIF avec comme engagement de défendre la mise en place d’une régie publique de l’eau au sein du SEDIF. Force est de constater, comme nous l’avions dit au conseil territorial, que le SEDIF n’a pas entendu cette position. La régie publique a été écartée sans débat et sans étude.

Pour justifier le maintien de la délégation de service public sur une période de 12 ans, le SEDIF invoque la généralisation d’un nouveau procédé technologique : l’Osmose Inverse Basse Pression (OIBP). Outre que cet investissement déraisonné impliquera l’endettement du SEDIF sur 60 ans pour amortir des investissements colossaux de plus d’un milliard d’euros, et ce alors même que l’utilité sanitaire et environnementale du projet est loin d’être démontrée, il participera à la création de surcoûts financiers colossaux qui seront facturés aux usagers. Aucune raison donc d’écarter la régie publique.

Par ailleurs, la commission d’enquête de l’Assemblée nationale relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés a mis en avant le manque de transparence et d’instances de débats. Le comité syndical du 27 mai en est un exemple flagrant : vote à bulletin secret, absence d’étude et de débat sur la régie, une délibération qui ne privilégie que la délégation de services publics, tribune entièrement masculine au détriment de la parité… Le vote du comité syndical liera Plaine Commune au SEDIF aux futurs délégataires pour de nombreuses années, voire décennies.

Pour toutes ces raisons, Stains et L’Île-Saint-Denis ont voté contre la délibération soumise lors du comité syndical du SEDIF. Nous demandons à Plaine Commune, pour ne pas condamner notre territoire à un mode de gestion de l’eau privé pour les décennies à venir, de mettre au vote du prochain conseil territorial la sortie de Plaine Commune du SEDIF. L’eau est un bien commun universel, ce n’est pas une marchandise. Protégeons-là !

Mohamed Gnabaly                                                         Azzédine Taïbi
Maire de L’Île-Saint-Denis                                           Maire de Stains, conseiller départemental

 

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