La Seine-Saint-Denis, une évolution très rapide en quelques chiffres

La Seine-Saint-Denis, une évolution très rapide en quelques chiffres

Aussi fort que fragile, aussi dynamique que difficile, le département de la Seine-Saint-Denis est pour beaucoup d’observateurs un territoire à part dans la France métropolitaine. Objet des attentions, des commentaires, des fantasmes aussi, le « 93 » évolue aujourd’hui à vitesse V, à tel point que l’Insee vient de publier une nouvelle étude démographique et socio-économique centrée sur ce département.

Alors que cette étude est disponible en intégralité ici, en voici quelques grandes lignes :

 

  • Une natalité florissante

Entre 1975 et 1982, le taux de natalité n’a cessé d’augmenter dans le département, qui est passé du 14ème au 2ème rang de France métropolitaine dans ce laps de temps, avant de se hisser au premier rang depuis 1990. En conséquence, la population y a augmenté de 16 % entre 1999 et 2016, contre 10 % en France métropolitaine. Par ailleurs, la part des familles nombreuses (au moins trois enfants) est de 18 % en Seine-Saint-Denis, soit le plus fort pourcentage de France métropolitaine (58ème rang seulement en 1982).

 

  • Un vieillissement inéluctable

Avec 36 % de la population, la part des jeunes de moins de 25 ans reste en 2015 la plus élevée de France métropolitaine (contre 30 %). Mais si le pourcentage de plus de 65 ans est le plus faible (11 % contre 19 % au niveau national), la Seine-Saint-Denis est elle aussi rattrapée par le vieillissement : l’Insee estime ainsi à 30 % l’augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes entre 2015 et 2030 (contre + 23 % en Île-de- France).

 

  • Une terre d’accueil

À l’époque où la France avait besoin de main-d’œuvre pour les usines automobiles et le secteur du bâtiment dans les années 1960 et 1970, la Seine-Saint-Denis a joué « un rôle d’accueil international majeur à l’échelle du pays », souligne l’Insee. Entre 1968 et 1982, le département est passé du 9ème au 2ème rang de France métropolitaine pour la proportion d’immigrés accueillis. En 2015, le 93 se hisse au premier rang national (hors Mayotte), la proportion ayant presque doublé pour atteindre près de 30 %.

 

  • Beaucoup d’emplois et… de chômage

En Seine-Saint-Denis, on crée des emplois ! Beaucoup même, selon l’Insee, qui évoque des hausses de 15 % entre 1999 et 2010 et 8 % entre 2010 et 2015. Problème : ce dynamisme ne profite pas vraiment aux résidents puisqu’il concerne des gens qui travaillent dans le 93 mais n’y vivent pas… Plus de 70 % des emplois hautement qualifiés du département sont en effet occupés par des non-résidents ! En termes de chômage, la Seine-Saint-Denis affiche au taux supérieur à 10 % depuis 20 ans (11 % au troisième trimestre 2019). C’est en 2019 le 9ème département dont le taux de chômage est le plus élevé.

 

  • Une pauvreté bien réelle

La proportion d’habitants dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté (1026 euros par mois pour une personne seule) est deux fois supérieure à la moyenne nationale selon l’Insee. Avec un taux de 27,9 % en 2017, il est même le plus élevé de France. Un pourcentage qui atteindrait même 39,4 % sans les mécanismes de redistribution, selon l’organisme.

 

  • Un niveau d’études plus faible qu’ailleurs

Le niveau de diplôme est inférieur à la moyenne nationale ainsi qu’au niveau de qualification des emplois du département. En 2015, 28 % des jeunes de 18 à 24 ans sont ainsi sans emploi ni formation, soit 13 points de plus que pour les voisins des Hauts-de-Seine par exemple.

 

  • Des locataires sociaux en nombre

La Seine-Saint-Denis compte 32 % de ménages locataires du parc social, le taux le plus élevé de France. En revanche, la part des propriétaires est faible (39,9 % contre 57,7 % en moyenne nationale en 2015)

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