Le NPNRU : d'une "ville subie" à une "ville choisie"

Depuis 2004, l'Etat, les villes et les HLM se sont engagés dans un Programme National de Renouvellement Urbain (PNRU) pour repenser et rénover les quartiers bâtis dans les années 50 et 60.

Cette opération s'est déroulée dans un premier temps sur 10 ans, car il ne s'agissait pas ici de détruire pour reconstruire, mais plutôt d'améliorer le cadre de vie en redessinant la ville, en organisant davantage la mixité sociale et en portant l'ambition d'une ville durable.

Pilotée l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU), cette initiative a permis de rénover plus de 500 quartiers jugés prioritaires. En 2014, un Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) a été lancé pour développer de nouveaux territoires. Parmi les 200 quartiers désignés pour faire partie de ce programme : le quartier Sud de L'Île-Saint-Denis et les quartiers Vieux Saint-Ouen et Cordon de Saint-Ouen. Ils profiteront d'une partie des 5 milliards d'euros dédiée à ces quartiers dits "d'intérêt national".

L'écoquartier des docks de Saint-Ouen, le parc d'Asnières, le futur village olympique ; le quartier Sud est entouré de territoires en pleine mutation. L'arrivée des premiers logements de l'écoquartier de L'Île-Saint-Denis va accentuer ce changement. Le NPNRU devrait permettre à Marcel Paul et Marcel Cachin de suivre cette dynamique et d'améliorer la qualité de vie. Il ne reste plus aux habitants que de prendre dans ce dispositif la place qui est la leur.

La participation des habitants est affichée comme une priorité dans le NPNRU. Une volonté qui se traduit par l'inauguration de la maison du projet qui a vu le jour le 21 juin 2017 à Saint-Ouen. Dans cet espace situé au 49 rue Albert Dhalenne, les habitants peuvent suivre l'évolution du projet urbain, se tenir informés des rendez-vous de la concertation et exprimer leurs souhaits.

Des habitants-acteurs ont été désignés le 27 septembre 2017 pour porter la parole des autres. Ils participeront également au comité de pilotage qui procédera à la validation des grandes orientations du projet urbain.

En complément, pour tenter de toucher un plus large public, deux ateliers de concertation se sont tenus. Deux ballades urbaines effectuées avec l'urbaniste Catherine Tricot ont permis de compléter cet esprit de consultation.


Un nouvel avenir pour Jean Lurçat

En mars 2016, l'école Jean Lurçat a été pré-conventionnée par l'ANRU. Environ 60% du coût des travaux ont été payés par les subventions des partenaires : Etat, région Ile-de-france et Caisse d'Allocations Familiales. Le groupe s'offre un lifting pour augmenter ses capacités d'accueil avec 10 classes supplémentaires, soit 220 élèves en plus.

La Pavillon Bourgogne : régie de quartier et nouveau relais de la maison du projet

Dans le but de valoriser les ressources délaissées du territoire, cinq étudiants en architecture décident de fonder l'association ICI (Initiatives Construites Ilodyonisiennes).

Après avoir organisé divers évènements pour redynamiser la vie de quartier et sensibiliser la population (repas de quartier, fête des lumières, olympiades...), les architectes ont souhaité s'implanter dans le quartier Sud pour y travailler plus efficacement.

Une nouvelle boulangerie dans le quartier Sud

Houcine, fils de boulanger a toujours rêvé d'avoir sa propre affaire. Avec la motivation de ses proches et l'aide d'un investisseur, Houcine a pris le projet à bras le corps. Pour se démarquer, il souhaite miser sur la qualité de ses baguettes "faite maison" et de ses pains bio. Des quiches, des sandwiches et des pâtisseries dépourvues de gélatine animale viendront agrémenter ses étals.

L'exemple de Stains

Lancé en 2017, le Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) a permis d'investir 1,6 milliard d'euros dans 24 quartiers du territoire de Plaine Commune. Trois quartiers situés au sud de la ville de Stains ont bénéficié de ce programme : le Moulin neuf, la Cité-jardin et le Clos Saint-Lazare. Depuis 2014, ce dernier fait partie du NPNRU avec le quartier de la Prêtresse.

Là bas, le PNRU a permis d'ouvrir de nouveaux commerces et de susciter plus d'engouement dans les réunions de quartier. La destruction des tours a permis le désenclavement. Les habitants du Clos visés par une possible destruction dans le NPNRU ne sont pas inquiets car ils se sont rendus compte, au fil du processus de relogement, qu'ils n'étaient pas perdants, notamment grâce aux témoignages apaisants de personnes qui ont vécu cela de l'intérieur.

L'écoquartier fluvial : une opportunité urbaine dans une écov'île


Le site de l'écoquartier fluvial

A mi-chemin entre centre-ville et quartier sud de L'Île-Saint-Denis, les entrepôts du Printemps et ceux des Galeries Lafayette ont constitué entre 1950 et 1992 une des plus importantes bases logistiques de la région parisienne.

Inoccupé depuis vingt ans, ce site qui coupe la ville en deux souffre d'un environnement contraint : viaduc autoroutier de l'A86, ligne à très haute tension, sols partiellement pollués par un passé industriel... Et pourtant, il ne manque pas d'atouts :

  • localisation exceptionnelle au sein de la métropole, à 10 min de Paris et de la future station Saint-Denis—Pleyel, future interconnexion du réseau de transport francilien développé dans le cadre du Grand Paris
  • paysage insulaire de bords de Seine
  • 22 hectares en coeur de ville
Pourquoi déconstruire les entrepôts ?

Situés sur une île, de si vastes entrepôts sont aujourd'hui difficilement adaptés à de l'activité industrielle. Conserver la dalle et une partie de la structure pour les futures constructions aurait fait prendre un trop grand risque aux générations futures dan la gestion d'une gigantesque dalle de béton à la pérennité aléatoire. C'est pourquoi la démolition des entrepôts du Printemps a été engagée en 2013 et achevée en 2014.

L'écov'île : visée du projet

Le projet de l'écoquartier fluvial de L'Île-Saint-Denis s'inscrit dans une triple dynamique.

Une dynamique municipale

La ville de L'Île-Saint-Denis développe depuis 2001 une vision concrète de l'écologie urbaine, à travers sa politique municipale : l'écov'île. Fruit des réflexions engagées dans le cadre du Projet de ville, de la charte de développement durable, du Plan Local d'Urbanisme et de l'Agenda 21, l'écoquartier fluvial s'appuie sur une approche écosystémique qui noue de multiples liens entre l'île et le fleuve, la nature et l'urbain, le public et le privé, les anciens et les nouveaux quartiers.

Une dynamique intercommunale

Plaine Commune s'est engagée dans une stratégie de requalification urbaine du nord parisien. Elle est faite notamment de mixité sociale, de diversité architecturale, d'attention aux dynamiques sociales et culturelles. Elle investit les friches industrielles de la périphérie pour leur rendre une utilité urbaine et créer des quartiers mixtes. Le projet d'écoquartier fluvial de L'Île-Saint-Denis en est une nouvelle traduction.

Une dynamique régionale

Le logement, les transports en commun et fluviaux ou encore les paysages de la Seine font partie des réflexions de la région Île-de-France. A son échelle, l'écoquartier fluvial de L'Île-Saint-Denis apporte des réponses concrètes à ces questions de développement métropolitain durable.

L'écov'île, concrètement
  • Préservation des espaces végétaux (taille douce des arbres, zéro produit phytosanitaire dans l'espace public)
  • Réhabilitation et isolation thermique de la résidence Lénine (3F) et de l'îlot du Bocage (Plaine Commune Habitat)
  • Installation de 270 panneaux photovoltaïques sur la façade de l'école Jean Lurçat couvrant 60% de ses consommations énergétiques
  • Réduction de 30% des consommations énergétiques de la municipalité
  • Mise en place d'un club énergie bailleurs promouvant les économies d'énergies dans les résidences sociales
  • Classes énergie dans toutes les écoles
  • "Cuisine du bon goût" intégrant l'agriculture biologique, proposée aux cantines scolaires et aux personnes âgées
  • Réhabilitation et isolation thermique de plusieurs résidences privées et HLM
  • Panneaux photovoltaïques également sur le gymnase Alice Milliat et sur la tour I3F en centre-ville
  • Photovoltaïque à l'étude sur la centrale de mobilité et sur un second immeuble HLM de I3F

Ceux qui font l'écoquartier :


  • La commune de L'Île-Saint-Denis et l'établissement public territorial Plaine Commune (maîtres d'ouvrage)
  • Plaine Commune Développement (aménageur)
  • Philippon-Kalt (architectes urbanistes), AEU/Indigo (développement durable), A vrai dire (concertation)
  • INUITS (paysagistes des espaces publics sur la zone des entrepôts du Printemps) et OTCI (bureau d'études techniques)
  • Groupement Quartus/Atland (promoteurs)
  • Les habitants de L'Île-Saint-Denis
  • Les acteurs de la société civile : associations, entreprises et partenaires divers
Vivre une écologie urbaine, populaire et solidaire
L'île habitée

L'écoquartier fluvial fait cohabiter logements sociaux et logements en accession privée, logements pour personnes âgées et pour étudiants. Il apporte des réponses à la diversité des besoins des ilodyonisiens. Il les rapproche quelles que soient leurs catégories sociales ou leurs origines et contribue à desserrer l'étau de la crise du logement.

L'île active

Ce nouveau quartier est un véritable morceau de ville, riche de toutes ses fonctions : du logement et des espaces publics, des entreprises et des bureaux, des équipements publics et du commerce. Le programme économique prévoit l'accueil de 800 à 1000 emplois dans les filières créatives, environnementales, d'artisanat et de services.

L'île accueillante

L'espace et les équipements publics sont les lieux naturels de la mixité sociale, des liens intergénérationnels et de la diversité des usages. Les berges de Seine réaménagées s'ouvrent ainsi à la promenade des familles et des plus âgés, aux jeux des plus jeunes, à la rencontre des adolescents. Elles mêlent habitants de l'écoquartier fluvial et des autres quartiers. Comme l'extension de l'école Jean Lurçat, qui accueillera les enfants des logements neufs d'Entre Deux Rives et de l'écoquartier ! Une école expérimentale ouverte sur le quartier qui développera un programme spécifique autour du multimédia, des sciences et de l'écologie.

L'île paysage

Pour éviter l'étalement urbain et la consommation des terres en Île-de-France, il est indispensable de construire plus densément la ville, mais de manière raisonnée. Les immeubles de l'écoquartier ne sont pas plus hauts que ceux du centre-ville et libèrent des promenades (environ 40% de la surface totale du quartier). Les aménagements naturels et les végétaux structurent l'écoquartier entre les deux bras de la Seine. Ils créent un paysage dans lequel se fondent constructions et infrastructures.

L'île fleuve

La Seine est omniprésente à L'Île-Saint-Denis, mais souvent inaccessible. L'écoquartier fluvial, comme son nom l'indique, s'est donné pour objectif de permettre à chacun de renouer avec le fleuve et de se le réapproprier.

Les berges redeviennent un lieu essentiel de la vie locale :

  • elles sont aménagées pour des cheminements quotidiens ou les loisirs
  • elles sont bordées, en retrait, par des immeubles d'habitation, d'activités économiques et des équipements publics profitant des vues sur sur le fleuve
  • elles sont régénérées et préservées pour protéger l'écosystème de la Seine et sa biodiversité

Le risque d'inondation est géré naturellement.

Plutôt que de multiplier les protections qui seront un jours submergées , l'écoquartier fluvial mise sur l'intégration urbaine et paysagère du risque d'inondation par différentes techniques :


  • rehaussement des zones bâties pour implanter les immeubles hors zone inondable
  • abaissement des berges et création de nouvelles zones d'expansions des crues
  • renaturation des berges par des techniques de génie végétal
  • multiplication des surfaces naturelles non imperméabilisées au sol pour une absorption maximale des eaux de ruissellement et des eaux de pluie
L'écocitoyenneté au quotidien

La vie dans l'écoquartier, et dans l'écov'île, implique pour chacun de repenser ses comportements du quotidien au regard de l'environnement.

L'île mobile

La circulation automobile se limite au quai du Châtelier et n'est autorisée au sein du nouveau quartier que de manière exceptionnelle (urgence, déménagement), ménageant un environnement apaisant, libéré des nuisances de la voiture. Les voitures seront stationnées en bordure de celui-ci dans des "centrales de mobilité". L'objectif est de rendre l'espace public aux piétons et aux familles pour des cheminements libérés de la voiture et sécurisés.

L'île en mode doux

Les cheminements doux, sentiers et pistes cyclables dédiées, irriguent le nouveau quartier notamment le long du lien central nord-sud. De là, ils rejoignent les autres secteurs de la ville et de la passerelle, projet mené par le conseil départemental de Seine-Saint-Denis, en direction du carrefour Pleyel, pôle de transports en commun majeur.

L'île économe

Le chauffage du quartier provient d'un réseau de chaleur couplé à des apports géothermiques<.

  • 50% des constructions sont BBC (bâtiment basse consommation) et 50% "passives" (excellente isolation évitant les déperditions de chaleur) pour la 1ère phase puis 100% BBC sur le reste du projet.
  • Une partie des besoins énergétiques électriques de l'écoquartier seront produits sur site (objectifs du projet définis dans la Charte de l'écoquartier fluvial).
L'île eau

L'intégralité des eaux pluviales est gérée naturellement sur site sans rejet dans le réseau des égouts. Une part est absorbée par les vastes étendues de sols naturels perméables, le reste est récupéré et stocké dans des bassins paysagers et filtré par des espèces végétales avant rejet dans la Seine.

L'île du recyclage

La notion de recyclage des matériaux a été intégrée dès la conception du projet. Elle se traduit dans l'espace public par le réemploi de pavés parisiens et de matériaux de démolition des entrepôts du Printemps comme, par exemple, un revêtement en béton concassé ou un banc réalisé avec un poteau en béton qui seront utilisés dans les chemins des berges de Seine. Ces techniques innovantes de recyclage urbain font l'objet d'expérimentations menées par l'association d'architectes Bellastock, dans le cadre d'un laboratoire implanté sur site.

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